On peut noyer une famille dans un verre d’eau.

Aujourd’hui, je veux parler de ce petit détail qui, en l’espace de quelques secondes, peut faire basculer la journée en « mode rumination ». Je partage avec vous l’histoire du verre d’eau. Histoire hautement symbolique quand on pense à l’expression « se noyer dans un verre d’eau » !
On peut noyer une famille dans un verre d'eau

Fréquemment, mon mari entre dans la cuisine et me demande :
« à qui est ce verre d’eau ? » en désignant un verre sur la table.
Question à laquelle je n’ai pas envie de répondre.

  1. je ne comprends pas la finalité de cette
    question
  2. je n’ai pas la réponse
  3. je souhaite épargner un sermon au « coupable »

Je réponds donc « je ne sais pas ». Si je rajoute
le fond de ma pensée « ce n’est qu’un verre sur la table », je sais
que je vais trop loin. Vous avez compris ; un verre qui traine sur la
table de la cuisine ne déclenche aucune réaction en moi. Un verre sur la table
c’est quelqu’un qui s’est dit « je vais m’en resservir plus tard ». Ou
c’est quelqu’un de pressé qui n’a pas pris le temps de mettre son verre au
lave-vaisselle. Il n’y a pas péril en la demeure. Enfin… pour moi. Car pour mon
époux, le péril est là. Ce verre sur la table le dérange, il va devoir le
mettre lui-même dans le lave-vaisselle… « comme d’habitude… ».

Depuis que j’ai réalisé le challenge J’arrête de râler, je
connais bien le mécanisme par lequel un petit détail, une broutille du
quotidien entraine une personne puis toute une famille dans un scénario
dramatique. Alors pour moi, c’est terminé, personne ne peut m’entrainer dans sa
tragédie.

  1. Je ne cherche plus à résoudre le problème de l’autre
  2. Je ne cherche plus à prouver à l’autre qu’il
    exagère, que « ce n’est pas si grave »
  3. Je cherche à savoir ce qui se cache « sous
    le verre d’eau »

En effet, une réaction disproportionnée pour un détail, c’est
à mes yeux le symptôme d’un VRAI besoin qui n’est pas satisfait.

Est-ce vraiment un besoin d’ordre derrière le verre d’eau ?
Faut-il établir un règlement familial dans lequel figure « laver son verre
immédiatement après usage ». Pourquoi mon mari ne l’a-t-il pas encore établi ?
Je connais la réponse à cette question. Le verre d’eau qui traine c’est la
goutte d’eau en trop. Aussi, avant qu’il ne parte précipitamment au boulot,
sans avoir déjeuné et agacé, je lui ai demandé : « qu’est-ce qui ne
va pas ce matin ? ». Pas avec le ton de celle qui demande des
comptes. Avec douceur, avec un vrai intérêt pour ce qui le traverse. Je connais
le malaise qui suit un emportement. Ce positionnement inconfortable entre le
remord et la culpabilité de s’être emporté pour une broutille et cette envie de
crier : J’AI UN PROBLEME. ÇA NE VA PAS. ÉCOUTEZ-MOI. Alors les mots ont
dévoilé les maux : le stress, la fatigue… Et c’est tout. Et c’est
beaucoup. Maintenant moi je sais comment le soutenir.

Je suis retournée dans la cuisine après son départ et j’ai
souri en voyant son verre d’eau sur la table.

Pour moi tout est à sa place.